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Interview avec Sa Sainteté le Dalaï-Lama

jeudi 10 juillet 2008

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Le Dalaï Lama arrive cette semaine en Allemagne.
A cette occasion, le magazine "Der Spiegel" publie une longue et passionnante interview avec le leader spirituel des Tibétains.
Il parle des troubles à Lhassa, des discussions en cours avec les autorités chinoises, du choix de la non-violence, des scénarii de sortie de la crise, de sa succession...
Retrouvez l’original sur www.spiegel.de

« Je prie pour les dirigeants chinois »

Spiegel  : Votre Sainteté, avez-vous déjà reçu votre invitation pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin ?

Sa Sainteté le Dalaï-Lama Dalaï-Lama  : Les Chinois ont choisi une autre solution – ne pas m’inviter mais plutôt m’exclure. Et m’accuser. Hier encore, le « Tibet Daily » à Lhassa s’en est pris à moi violemment. Vos collègues là-bas sont très inventifs.

Spiegel  : Ces dernières semaines vous avez eu droit à « criminel », « traître à la patrie », « séparatiste », et puis, de la part du chef du PC de la région dite autonome du Tibet, à « loup au visage d’homme mais au cœur de bête ». Ces insultes vous blessent-elles ?

Dalaï-Lama  : Oh, non, pas du tout ! Vous avez d’ailleurs oublié "Démon". Tout cela ne sont que des paroles vides de sens. Si parler ainsi de moi leur fait plaisir, qu’ils continuent. Je me soumettrai volontiers à un test sanguin pour savoir si je suis un homme ou un animal. Mais ce contre quoi je m’élève le plus c’est ce que je considère être une atteinte grave aux droits de l’homme : lorsque les autorités chinoises obligent les Tibétains de ma patrie à m’injurier et, sous la menace, à me renier par écrit.

Spiegel  : Pékin nomme cela « la campagne d’éducation patriotique »…

Dalaï-Lama  : … ce qui est, en réalité, une atteinte à la liberté religieuse et par là aux lois de la de la République populaire.

Spiegel  : En dépit des insultes – et au moment même où ils les profèrent- les dirigeants chinois vous proposent d’ouvrir des discussions. Est-ce que cela a un sens pour vous ? Pensez-vous qu’ils croient vraiment que vous avez poussé les habitants de Lhassa et d’autres parties du Tibet à se soulever voire que vous les avez incité à commettre des actes violents ?

Dalaï-Lama  : Je ne sais pas, mais s’ils le croient, ils devraient aller à Oslo et veiller à ce que l’on me retire le Prix Nobel de la paix. Non, bien sûr, je suis engagé dans la voie de la non-violence, je m’y suis tenu toute ma vie et continuerai toujours. J’ai dit aux autorités chinoises de venir à Dharamsala pour fouiller tous mes documents et étudier tous mes discours. Je leur donnerais accès à tout. Elles devraient alors prouver leurs allégations.

Spiegel  : Mais vous ne pouvez pas nier qu’à Lhassa, outre des manifestations pacifiques de moines brutalement réprimées, il y a eu des pillages, des incendies et des rançonnements organisés par des jeunes Tibétains.

Dalaï-Lama  : Je suppose que cela a eu lieu. Je le condamne, et cela me rend triste, que certains de mes compatriotes agissent ainsi - même s’ils l’ont sûrement fait par désillusion et désespoir d’être des citoyens de seconde classe dans leur propre pays. Cela n’excuse pas la violence. J’ai proposé qu’il y ait une enquête internationale sur les évèvements au Tibet, menée par une institution indépendante.
Mais une chose est sûre : ce sont avant tout des Tibétains innocents qui ont souffert de la brutalité des policiers et des militaires. Nous déplorons la perte de 200 vies humaines. Mais, nous non plus, nous n’avons pas une image complète et détaillée de ce qui s’est passé et se passe toujours au Tibet.

Spiegel  : Comment obtenez-vous vos informations ?

Dalaï-Lama  : Nous avons peu d’informations exclusives. De temps à autre, un coup de téléphone d’un portable, un message sur Internet. Ces nouveaux médias sont bien sûr fortement censurés, mais il est difficile pour Pékin de tout maîtriser, à cent pour cent.

Spiegel  : Quelle a été votre réaction quand vous avez reçu les premiers rapports sur les atrocités, comme les premières images de morts ?

Dalaï-Lama  : J’ai pleuré. Je me suis assis à côté du Premier ministre de notre gouvernement en exil, et nos yeux se sont remplis de larmes. Donc beaucoup de souffrances, de désespoir. J’étais simplement triste, profondément triste.

Spiegel  : Et pas fou de rage ?

Dalaï-Lama  : Il m’arrive de lâcher un mot de colère, ce qui est assez mal. Mais non, la colère m’est étrangère, car la colère veut dire vouloir faire du mal à quelqu’un.
Ma foi m’aide à surmonter ces émotions négatives et à trouver mon équilibre. Chacun de mes rituels bouddhistes fait partie d’un processus de don et d’acceptation.
Je reçois la méfiance chinoise et j’envoie de la compassion. J’avoue que ces dernières semaines n’ont pas toujours été simples pour moi.

Spiegel  : Vous avez aussi prié pour les Chinois, y compris les auteurs des méfaits ?

Dalaï-Lama  : En dépit de toutes les peurs et les inquiétudes, je suis en paix avec mon subconscient et je peux donc accomplir normalement mes tâches. Je n’ai pas de troubles du sommeil. Peut-être est-ce parce que, bien sûr, je prie pour les Chinois. Pour leurs dirigeants. Et même pour ceux qui ont du sang sur les mains.

Spiegel  : Vous ne faites pas que prier pour les Chinois, vous négociez avec eux – via deux de vos fidèles. Ces messagers viennent juste de rentrer de Shenzen pour vous relater leurs récentes conversations avec leurs partenaires chinois. Comment jugez-vous cette rencontre ?

Dalaï-Lama  : Lors de cette discussion informelle d’une journée, mes deux émissaires se sont mis d’accord avec leurs partenaires chinois sur la tenue d’une septième Table ronde formelle dès que possible. Une date sera précisée dans les prochains jours après des consultations mutuelles. Lors de l’entretien de grands différends sont apparus, tant sur la cause que sur la nature des récents troubles au Tibet. En dépit de la diversité des points de vue, les deux parties ont la volonté de parvenir à un accord sur une approche commune pour résoudre les problèmes au Tibet.

Spiegel  : Cela ressemble plutôt à une discussion procédurale.

Dalaï-Lama  : Dans cet esprit, les deux parties ont fait des propositions concrètes, qui peuvent servir de base aux discussions formelles qui auront lieu lors de la prochaine Table ronde.

Spiegel  : Est-ce un progrès ?

Dalaï-Lama  : On doit chercher la vérité dans les faits, comme Deng Xiao Ping l’a si bien et si justement dit. En tous cas, cette fois, l’atmosphère a été agréable, et l’attitude des parties n’ a pas été agressive, mais respectueuse. Mais une percée, c’est autre chose. La rencontre à Shenzhen n’a été qu’un simple dialogue mais, au moins, les autorités chinoises ont, pour la première fois, recherché ce dialogue avec les représentants du Dalaï-Lama et l’ont annoncé dans la presse.

Sa Sainteté le Dalaï-Lama Spiegel  : Beaucoup soupçonnent Pékin d’avoir fait cette offre de dialogue uniquement pour des raisons tactiques, pour gagner du temps, stopper la vague de critiques mondiale contre leurs comportements au Tibet et pour pouvoir mener à bien les Jeux Olympiques. Pour pouvoir dire aux dirigeants occidentaux : « regardez, nous négocions ». Est-ce que vous n’êtes pas tombé dans le piège des leaders du PC ?

Dalaï-Lama  : Discuter pour discuter, cela n’a, en effet, pas de sens. Je suis uniquement intéressé par des discussions sérieuses, au cours desquelles on peut aller au cœur des problèmes. Ces discussions, sans condition préalable, sont très bienvenues. Elles doivent être aussi transparentes. Il faut en finir avec les négociations secrètes à huis clos. Mais bien sûr, la pression internationale a eu un effet sur Pékin. Je ne peux qu’encourager toute société libre, notamment l’Allemagne, à maintenir cette pression.
Le monde entier doit nous aider. Les Chinois sont très soucieux de leur image internationale.

Spiegel  : Et que réclamez-vous spécifiquement de la Chine, dans cette affaire ?

Dalaï-Lama  : Les Chinois doivent enfin reconnaître qu’il y a un problème Tibet. Ce devrait être le sujet de la prochaine Table ronde. Contrairement aux précédentes agitations, la dernière n’a pas eu lieu qu’à Lhassa et pas seulement dans la région dite autonome du Tibet ; les protestations ont eu lieu dans tous les endroits peuplés de Tibétains en Chine et des étudiants tibétains ont même manifesté à l’Université de Pékin. On ne peut ignorer cet échec massif et complet des dirigeants du PC et de leur politique. Pékin doit savoir que, depuis cinquante ans, quelque chose va terriblement mal.

Spiegel  : Quoi ?

Dalaï-Lama  : Tout ce qu’ils ont essayé de faire.
L’oppression et la torture n’ont pas réussi à « rééduquer » politiquement le Tibet. Au sujet du peuplement massif de leur pays par de plus en plus de Hans [ethnie majoritaire en Chine] et au sujet de l’endoctrinement politique, les Tibétains ne pouvaient pas se taire.
Alors les chefs du PC chinois ont essayé de les faire taire par des programmes d’amélioration du niveau de vie et l’injection de fonds dans des projets d’infrastructure.
Mais ils ont dû constater que, pour les Tibétains, l’identité culturelle et la spiritualité étaient plus importantes.
Après des années d’oppression les Tibétains ne font plus confiance aux Chinois. Maintenant, les dirigeants de Pékin, les neuf qui siègent au Politburo et qui parlent pour plus de 1,3 milliards de personnes, sont à la croisée des chemins. J’espère qu’ils vont choisir une politique fondamentalement nouvelle, réaliste.

Spiegel  : Quelles solutions voyez-vous ? Et dans quelle direction, à votre avis, Pékin va-t-il s’engager ?

Dalaï-Lama  : Notre politique de la large autonomie pour le Tibet offre les meilleures perspectives. Les Tibétains doivent avoir le pouvoir de régler eux-mêmes toutes les questions culturelles, religieuses, environnementales. C’est tout à fait autre chose qu’une indépendance étatique. Ce Tibet nouveau serait, du point de vue du droit international, partie intégrante de la République populaire de Chine qui resterait compétente pour les relations extérieures et la politique de défense. Si Pékin est d’accord pour un tel modèle, je peux vous garantir qu’il n’y aura plus de troubles comme ceux que l’on vient de connaître, plus de crise comme celle que nous traversons. Ca c’est une variante, positive.

Spiegel  : Il y en a une négative ?

Dalaï-Lama  : Il y a le risque que les dirigeants chinois pensent qu’il n’y a plus de chance de pacifier le Tibet, qu’ils ont perdu pour toujours la loyauté des Tibétains. Et que, dans le même temps, ils souhaitent conserver le contrôle complet de ce pays très riche en ressources naturelles. Alors, ils opprimeront encore plus brutalement la population, de façon à en faire définitivement une minorité insignifiante dans leur propre pays. C’est la variante numéro deux : un Tibet peuplés de Hans. La fin du dialogue avec nous, la fin de toutes les mesures de confiance.

Spiegel  : Que va décider Pékin ? Que va-t-il se passer le 20 juin quand la flamme olympique va traverser Lhassa ? Des manifestations ?

Dalaï-Lama  : J’ai déconseillé à mes compatriotes à Lhassa et ailleurs de manifester contre la flamme olympique, comme je l’ai déjà fait d’ailleurs à San Francisco. Je ne vois pas ce que cela apporterait. Peut-être lancerais-je un autre appel dans ce sens.
Les Chinois m’accusent toujours de vouloir saboter les Jeux Olympiques. En vérité, j’ai applaudi dès le début l’attribution des Jeux à Pékin.

Spiegel  : De nombreux Tibétains estiment que c’est une provocation de faire passer la flamme sur le Mont Everest, qu’ils considèrent comme sacré, puis à Lhassa, devant l’ancien siège du gouvernement, le palais de Potala. Vous, non ?

Dalaï-Lama  : Si nous étions en période de calme, je n’en serais pas ému. Mais maintenant je comprends les protestations, sans, il est vrai, les soutenir. J’ai également déconseillé aux organisateurs de tenir leur « Marche pour la Paix » de Dharamsala à la frontière de la République populaire, car il pourrait y avoir des affrontements armés aux postes-frontière. Mais je ne peux que donner des conseils et ne peux supprimer les autres avis.
J’espère que cela ne donnera pas aux Chinois un prétexte à un nouveau bain de sang.

Spiegel  : Votre voie non-violente perd des soutiens parmi vos concitoyens en exil, même si vous êtes toujours vénéré en tant que symbole du Tibet libre. En particulier, lors du Tibetan Youth Congress, les militants qui ont appelé à l’indépendance ont gagné de l’audience. Les autorités chinoises ont désigné la direction de ce TYC « organisation terroriste ».

Dalaï-Lama  : Bien sûr, je comprends l’impatience des jeunes. Mais ils n’ont pas de projet, seulement des émotions. Je connais ce type de rêveries depuis de nombreuses années et j’ai espéré qu’elles auraient disparu depuis longtemps. Indépendamment de la question morale, qu’est-ce que cela veut dire ? Les Tibétains doivent-ils prendre les armes pour conquérir cette indépendance ? Quelles armes, d’où ? Des Moudjahidines au Pakistan, peut-être ? Et si nous les obtenons, comment les ferons nous passer au Tibet ? Et si la guerre d’indépendance commence, qui nous viendra en aide ? Les Américains ? Les Allemands ?

Spiegel  : Certainement pas. Néanmoins, certains Tibétains pensent que vous faites trop de compromis. Votre modèle, le Mahatma Gandhi, a prêché non seulement la résistance non-violente mais aussi la désobéissance civile, la non-coopération avec les occupants, et organiser des marches provocatrices à travers le pays lui a semblé une bonne idée.

Dalaï-Lama  : Vous avez tout à fait raison. Et pourtant, il y a une grande différence : Gandhi pouvait se défendre librement devant un tribunal ; essayez de le faire à Lhassa. Les impérialistes britanniques étaient durs, mais c’était sans comparaison avec les Chinois d’aujourd’hui - qui sont beaucoup plus durs.
D’ailleurs, je pense également que la grève de la faim est un acte de violence inadmissible. Avec de telles méthodes, on n’a aucune chance contre les Chinois.

Spiegel  : Maintenant vous critiquez la Chine dans son ensemble. La Chine n’est certainement pas un État de droit. Mais il y a des signes évidents d’une croissance lente de la société civile : des journalistes courageux, des avocats, des écologistes. Et, économiquement, la Chine progresse de façon phénoménale.

Dalaï-Lama  : C’est vrai. Vous devez savoir que je suis un grand partisan de la « société harmonieuse », dont la direction du Parti fait actuellement la propagande. Mais les actes doivent être en accord avec les paroles. A long terme, je suis optimiste pour la Chine. Sur la durée, il est difficile de réprimer sans cesse – les exemples de l’Union Soviétique et de l’Europe de l’est l’ont montré. La société chinoise bouge maintenant. Beaucoup de choses ont changé positivement. Les Chinois redécouvrent la religion. L’ex-chef de parti Jiang Zemin est bouddhiste, l’ex-Premier ministre Zhu Rongji aussi. Beaucoup d’hommes d’affaires et d’artistes montrent également de l’’intérêt pour le bouddhisme ; ce qui se passe sur Internet est passionnant, toutes ces critiques anticonformistes du gouvernement. Cela pourrait faire grandir la sympathie et la solidarité envers la cause tibétaine.

Spiegel  : Avez-vous le mal du pays ?

Dalaï-Lama  : Non. La patrie c’est là où l’on se sent chez soi et bien traité. C’est mon cas en Inde, bien sûr, mais aussi en Suisse, aux Etats-Unis et en Allemagne, que j’aime beaucoup.

Spiegel  : Avez-vous abandonné l’idée de revoir Lhassa, le palais de Potala, dans lequel vous avez grandi, et où vous avez dirigé le pays ?

Dalaï-Lama  : Oh non. Je suis optimiste, je pense que reviendrais un jour.

Spiegel  : Quand et à quelles conditions ?

Dalaï-Lama  : Je me considère d’ores et déjà comme semi-retraité. Les opérations quotidiennes du gouvernement, menées par des ministres démocratiquement élus, sont faites sous la conduite du premier ministre Rinpoché. Je serais heureux de prendre ma retraite dans quelques années.

Spiegel  : Au cours des jours les plus violents à Lhassa et des protestations ici à Dharamsala, vous avez dit : "Si les choses deviennent tout à fait hors de contrôle, il ne me restera plus qu’à démissionner. »
Cela a été compris par certains comme une menace à l’endroit des radicaux du Congrès de la jeunesse, selon laquelle ils ne pouvaient plus compter sur votre soutien ; et par d’autres comme une menace voilée envers les dirigeants chinois, selon laquelle il s’agissait de la dernière chance pour eux de trouver un compromis.

Dalaï-Lama  : Je voulais dire ce que j’ai dit. J’attends avec impatience de mener la vie plus facile d’un moine. Bon, peut-être était-ce aussi un avertissement, comme vous l’avez dit.

Spiegel  : [Vous réclamez l’autonomie pour le Grand Tibet qui couvre, outre l’actuelle région autonome, une partie des régions de Qinghai, du Sichuan, de Gansu et du Yunnan, c’est à dire presque un quart du territoire de la République populaire.]

Dalaï-Lama  : Je dois parler au nom des six millions de Tibétains. C’est mon devoir moral, et l’on doit respecter les droits culturels et les libertés de tous les Tibétains, ainsi que le prévoit la Constitution.

Spiegel  : Pouvez-vous en tant que Dalaï-Lama démissionner de votre titre et vos fonctions politico-religieuses, aussi simplement que remiser un vêtement à la garde-robe ?

Dalaï-Lama  : Je ne jouerais plus de rôle politique et plus de rôle spirituel. Quand le jour de mon retrait sera venu, quand un certain degré de pluralisme, de liberté d’expression et d’auto-administration sera établi, je transférerais toute mon autorité historique au gouvernement local.

Spiegel  : Serez-vous le dernier Dalaï-Lama ? Dans quelle mesure souhaitez-vous intervenir dans le processus de votre succession ?

Dalaï-Lama  : Nous avons discuté de cela l’autre jour dans un cercle de haut niveau ici, à Dharamsala. Il existe différents modèles. Mais la volonté du peuple devrait être décisive.
J’ai pensé à un référendum sur cette question. Tout est possible : un conclave comme dans l’église catholique, une femme pour me succéder, ou plus aucun Dalaï-Lama, ou deux puisque le Parti communiste s’arroge curieusement le droit et les compétences d’en désigner un.

Spiegel  : Et qu’est-ce qui est le plus probable ?

Dalaï-Lama  : On m’a demandé à l’unanimité de participer à ma succession et de conserver cette fonction en vie. Mais j’espère que le temps ne presse pas trop et j’ai encore 10 ou 20 ans pour réfléchir à ces choses là. Si nous sommes encore ici en exil, on devra trouver mon successeur probablement quelque part en Inde, ou, en tout état de cause, en dehors du Tibet.(….)


Source : www.spiegel.de




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