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Dormir comme un bouddha : d’un sommeil éveillé ?

mercredi 11 septembre 2013, par Alain Delaporte-Digard

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Bouddha sur son lit de mot, avant d’entrer dans le Paranirvana

Les bouddhas sont des humains. A ce titre, ils naissent, vivent, mangent, dorment et meurent comme nous tous. Mais dans leur sommeil, dorment-ils , méditent-t-ils ?
Tout comme certaines personnes dorment du sommeil du juste, pouvons-nous dormir comme un bouddha ? Quelle place donner au sommeil dans une ascèse ? Le sommeil est-il une aide ou un obstacle pour s’éveiller ?

Difficile d’avancer sur un chemin aussi délicat que le sommeil.

Nous connaissons peu de choses sur le rôle du sommeil. Le sommeil est bien plus qu’une halte dans notre quotidien, puisque son absence produit de nombreuses perturbations physiologiques et psychologiques. Un Français sur deux affirment manquer de sommeil et sentent des effets négatifs sur leur vie.
Le manque de sommeil influence notre système nerveux, diminue nos capacités de concentration et de mémorisation, et peut créer des sautes d’humeur, d’agressivité ou des léthargies.
Que des obstacles à une pratique méditative !

Quelques pistes

En imposant un manque de sommeil artificiellement, les scientifiques ne savent toujours pas ce qui conduit à la mort. Est-ce le stress induit par l’expérience elle-même ou véritablement les conséquences du manque de sommeil ? Le sommeil semble plus important que la nourriture. La mort par privation de repos survient plus vite que par le jeûne complet.

Même si les scientifiques remarquent qu’une insuffisance de sommeil affaiblit les défenses immunitaires, augmente les maladies cardiaques, le diabète, l’obésité et les risques de cancers... on ne peut affirmer que ces maux soient aussi forts sur un méditant : la réduction du stress par la pratique méditative peut éviter ces effets négatifs. De nombreux bouddhistes ou yogis en sont persuadés.

Peut-être, ont-ils bénéficié de l’action du sommeil qui répare les neurones endommagés et les aide à se régénérer, par l’action de protéines diminuant les méfaits du stress et des perturbations émotionnelles ? La paix engendrée par ces pratiques, la diminution des émotions perturbatrices pourraient contrebalancer les effets négatifs du déficit de sommeil.

Le manque de sommeil apporte des troubles du discernement, du jugement et de l’attention.
Difficile d’imaginer une pratique d’éveil s’appuyant sur un manque de sommeil.
Alors, pourquoi certains grands méditants en dormant peu ou pas, peuvent continuer à se concentrer et à développer des aptitudes mentales exceptionnelles ?

Tout dépend si notre organisme a besoin de sommeil ou de repos.

Il n’est pas prouvé que l’humain ait vraiment besoin de sommeil.
Un repos neuronal pourrait suffire.
Des pratiquants centrés sur une économie de tensions musculaires et organiques, sur un souffle respiratoire subtil, sur une pureté d’intention "consomment" moins de forces, peuvent au cœur même de leur méditation continuer à pratiquer dans un état de fraicheur physiologique et mentale.

En suivant l’Octuple sentier (vision juste, pensée juste, parole juste, action juste, moyens d’existence justes, effort juste, attention juste, concentration juste), le méditant agit entre force et détente, effort et repos, et peut avancer sans lésion même avec peu de sommeil. Certains grands méditants évoluent dans une pratique où le temps de veille et celui de repos s’entrelacent étroitement.

Pour dormir comme un bouddha, commençons durant la journée par simplifier notre vie pour moins user d’énergie sur l’inutile. Consommons moins de forces dispersées et dispersantes. En nous couchant, demandons à notre corps de se détendre, de lâcher les fatigues dans le sol. Apprenons-lui le repos. Si le sommeil nous surprend, laissons-nous aller. Si le sommeil ne vient pas, continuons à sentir notre corps se reposer. Comme en Yoga Nidra, restons conscient de notre corps endormi. Nous sommes bien sûr très loin d’un sommeil de bouddha, mais nous ouvrons un large champ d’expérimentations.

En attendant votre sommeil de Bouddha, je vous souhaite un repos profond.


Alain Delaporte-Digard





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6 Messages de forum

  • Dormir comme un bouddha : d’un sommeil éveillé ? 13 septembre 2010 14:06, par Flora Desondes

    Très cher Alain, le mystère de l’obligation de sommeil n’est pas résolu. La question "Qui dort ?" non plus. Les dauphins pour des raisons de survie ont une méthode, seul un lobe de leur cerveau dort et l’autre reste en veille, sinon ils se noieraient. En chamanisme et bien d’autres traditions, savoir ne pas dormir est enseigné aussi. Voir : http://www.buddhachannel.tv/portail... qui propose une méthode pour dormir sans dormir. C’est aussi une évidence que les organes du corps fonctionnent en continu et que jamais ils ne dorment tant qu’ils sont vivants. Les chamans et d’autres disent que ce secret en dans la fraction de silence entre l’inspir et l’expir, et celle entre deux battement du cœur. Des yogis savent parfaitement ralentir leur cœur et entrer dans une forme d’hibernation où ils semblent dormir, mais ils ne dorment pas. Cela ressemble à un coma profond où leur conscience d’être reste vigilante.

    Répondre à ce message

  • Dormir comme un bouddha : d’un sommeil éveillé ? 13 septembre 2010 17:59, par Myriam

    Vous avez soulever une question, sans réponse. Cà me passionne. Comment aider notre spiritualité par le sommeil ? Qui peut répoôndre.

    Répondre à ce message

    • Dormir comme un bouddha : d’un sommeil éveillé ? 14 septembre 2010 13:03, par Flora Desondes

      Chère Myriam, Plusieurs méthodes existent déjà pour "aider votre spiritualité par le sommeil". La plus simple consiste à une pratique de la méditation de 20 minutes avant d’entrer dans le sommeil et vous posez le souhait que votre pratique se prolonge même si vous sombrer dans un sommeil de plomb. Une autre méthode consiste à lire à voix haute un sutra juste avant de vous endormir et là aussi, vous posez le souhait de continuer votre lecture dans le sommeil.

      Répondre à ce message

    • Dormir comme un bouddha : d’un sommeil éveillé ? 16 septembre 2010 18:51, par Alain Delaporte-Digard

      Bonsoir Myriam. Flora vous a répondu de façon très pertinente : la qualité du sommeil se prépare durant le temps de veille, et le temps immédiat juste avant de vous coucher imprègne votre être en profondeur. Vous pouvez aussi vous allonger et commencer par sentir votre corps zone par zone. Sentez le contact de la jambe gauche avec le matelas, quelques instants. Puis celui de la jambe droite. Sentez le contact du bassin, puis du dos, des bras, de la tête. Sentez le contact et acceptez de laisser votre corps prendre appui sur le matelas. Au lieu de "porter" vos soucis, vos tensions, votre fatigue, acceptez d’être portée par le lit. Lâchez vos résistances consciemment. Laissez-les sortir de vous. Puis dirigez votre conscience vers les êtres que vous aimez et ceux qui vous gênent. Envoyez-leur un sourire et souhaitez-leur le plus beau sommeil possible. Laissez le sommeil vous cueillir en plein amour.

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  • Le plein éveil c’est le sommeil profond. C’est un état qui correspond à une absence totale d’illusion. Lorsque nous nous éveillons le matin, nous entrons dans l’hallucination de ce que nous appelons réalité, que nous percevons à partir de la relativité du moi. Le désir de rester "éveillé" dans son sommeil, relève donc d’une forme d’ignorance, de notre nature fondamentale.

    Fa

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    • Le problème n’est pas de dissoudre l’illusion, mais de comprendre quelle est sa fonction. La forme est vide, et le vide est forme. L’éveil ne consiste pas à remplacer la forme par le vide, ni le vide par la forme, ni à mettre d’avantage de forme dans le vide, pas plus que de vide dans la forme. Vide et forme sont 2 aspects, intiment liés de la vacuité, de l’esprit insaisissable.

      Répondre à ce message