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Lettre d’un moine Bouddhiste à Sakineh, femme iranienne condamnée à la lapidation pour avoir aimé

mercredi 5 août 2015

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Lettre à Sakineh
De Federico PROCOPIO Djong Do Gosa Nim, moine bouddhiste zen, abbé du Temple Bouddhiste Zen Kwan Um de Paris



"Sakineh,


mes quelques mots ne pourront vous sauver peut être ; mais cet océan d’écrits qui vous parviennent à travers le site web laregledujeu.org exprime déjà ici et maintenant la grandeur de l’humanité. Dans les pires souffrances, dans les plus atroces épreuves, improbables, nous courons le risque de perdre confiance en l’humanité, de ne plus croire en l’être humain. C’est le pire sentiment que nous pouvons ressentir face au mal, face au bourreaux. Le pire car directement proportionnellement lié au sentiment de confiance vis à vis de nous même. Lorsque l’on croit que l’humanité sombre dans le mal, que l’individu est pervers et obscur, on finit par croire que nous même faisant partie de cette même humanité, nous ne pouvons qu’être pareils. La solitude s’installe. Notre esprit crée le néant. L’illusion d’une humanité "mauvaise" apparaît.


Je voudrais tant que tous ces mots laissés sur cette toile virtuelle par des centaines de personnes puissent relever votre regard vers le haut au milieu de cette forêt touffue et sombre, pour soudainement apercevoir le bleu du ciel. Large et infini, ce ciel que nul homme ne peut posséder. Et respirer. Ce ciel et vous, vous n’êtes pas différents.


Puissent tous ces mots vous être baume d’amour, onguent de compassion. Le moine et abbé bouddhiste que je suis condamne profondément ce qui vous arrive et plus largement cette dérive des hommes avides et farouches, souffrants plus qu’on ne le croit au creux même de leur ignorance, de leur arrogance et de cette obscurité qui emprisonne leur vie et aliène leur humanité.


Ils ont pris le pouvoir qui ne leur était pas donné ; ils ont nourri leur ignorance leur avidité et leur désir malsain par des vies humaines. Holocaustes incompréhensibles de l’avidité stupide et cruelle de l’homme souffrant.


Je vous envoie toute l’énergie dont je dispose, et avec elle toute l’harmonie de l’univers et l’affection du frère que je suis. Nous devons tous combattre ces régimes moyenâgeux et absurdes, dominés et régis par des êtres ignorants. Mais, ne vous laissez point salir ou abîmer par la haine. Ne touchez pas à leur "nourriture" ; je voudrais vous prêter ma force pour rester aussi digne et grande que vous l’êtes. Une femme, une mère, un être humain unique et merveilleux. Les enfants dont vous avez été privée, dont l’un a été contraint d’assister à vos 90 coups de fouets, je les prends dans mes bras chaque jours dans mes prières. Comment pourrait-on faire autrement que les aimer ces enfants ? et avec eux l’humanité souffrante toute entière.


Ne sombrez point dans les ténèbres qui vous entourent. Revenez sans cesse à vous même et à la beauté de cette vie que vous portez dans votre chair. Il y a quelque chose que nul être ne pourra jamais vous enlever ni anéantir, même en vous ôtant la vie. Toute la puissance de ces individus ravagés par la haine et l’ignorance ne pourra jamais posséder ce que vous êtes au plus profond de vous.


Ils parlent, prêchent et exhibent un Dieu qu’il ne connaissent ni ne comprennent.
Ils appuient leurs opprobres sur la volonté d’un Dieu qu’eux mêmes salissent et bafouent.


Alors vous n’êtes pas seule. Certes cela n’est pas grand chose en ce moment de souffrance. Mais vous voyez, Sakineh, par cette chaîne d’amour et de solidarité autour de vous, des milliers et des millions de mains tiennent la vôtre.
Soudain vous êtes aussi large et infinie que l’espace.
Eux, vos bourreaux, ils sont tous petits. Écrasés par leur propre ignorance et leurs méfaits. Et pour cette raison même méritent à al fois la condamnation de leurs actes et une infinie compassion.


Si un Dieu existe, il s’exprime sans doute dans la grandeur de cet océan de solidarité qui se livre à travers votre histoire.
Pour eux, vos barbares bourreaux, ce même Dieu est mort à chaque mort.
Ils sont abandonnés. Seuls. Vides. Creux. Comme une cloche sans maillet pour retentir. Métal froid de tristesse.


Vous êtes sans doute coupable et condamnable pour ces hommes qui ne connaissent guère l’amour, qui en ont peur, et qui en font un opprobre.
Soyez triste pour eux ; réjouissez vous de la beauté de l’amour auquel aucun d’entre eux ne pourra porter atteinte quoi qu’il advienne.


De tout mon esprit je vous envoie une infinie lumière, ainsi qu’au peuple iranien stigmatisé et meurtri.
Je vous dis merci pour l’enseignement de votre dignité, pour la transparence de votre regard et pour l’écho que votre histoire douloureuse représente pour chaque être vivant.


Je sais que tout ce qui est en train de se passer au tour de votre épreuve injuste va changer les choses. Je ne puis imaginer une seconde que votre exécution aura lieu.


Avec toute mon affection et mon soutien."



Federico PROCOPIO Djong Do Gosa Nim
moine bouddhiste zen
abbé du Temple Bouddhiste Zen Kwan Um de Paris





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Sakineh Mohammadi Ashtiani attendait dans la prison de Tabriz, à l’ouest de l’Iran, où elle croupit depuis cinq ans, la réponse à une demande de réexamen de son cas – prévue, initialement, pour le 15 août.
Son “crime” (qu’elle n’a avoué, rappelons-le, que sous la torture et qui consisterait, selon ses accusateurs, à avoir eu deux relations amoureuses hors mariage) avait déjà été puni par 99 coups de fouet administrés en présence de l’un de ses deux enfants.

Mais voilà qu’une nouvelle et nébuleuse accusation a débouché, il y a quelques mois, sur une condamnation à mort – et pas n’importe quelle mort puisqu’il devrait s’agir d’une mort par lapidation !

L’opinion internationale, touchée par l’horreur de cette menace qui pèse sur Sakineh, attendait avec elle la révision d’un verdict aussi inique que barbare – quand, le 11 août dernier au soir, se produisit l’un de ces coups de théâtre dont l’Iran commence à être coutumière : le régime diffusait à la télévision, dans une émission de grande écoute, les prétendus « aveux » de la jeune femme qui, couverte par un tchador noir qui ne laissait voir que son nez et l’un de ses yeux, tenant une feuille de papier entre les doigts comme si elle récitait une leçon mal apprise, une voix off en farsi couvrant sa propre voix qui s’exprimait dans sa langue maternelle, l’azéri, confessait sa supposée “complicité” dans le meurtre de son mari.

Son actuel avocat, Hutan Kian, a affirmé que cette déclaration, contraire à toute vraisemblance, a été arrachée, à nouveau, sous la torture et rapporte que les enfants de Sakineh sont, quant à eux, « complètement traumatisés » par l’émission.

Outre le fait que l’on peut avoir des doutes sur l’identité de la femme qui est apparue ce soir-là, sur les écrans, dissimulée sous un tchador étonnamment couvrant, ces propos vont, par ailleurs, clairement à l’encontre de ceux rapportés par le Guardian, la semaine dernière, et où Sakineh expliquait que les autorités iraniennes l’avaient déjà, en 2006, lavée de cette accusation infâme ; qu’elles mentaient donc sciemment en revenant ainsi sur une charge abandonnée depuis longtemps et ce dans le seul but de semer la confusion dans les médias et de les préparer à une exécution à la sauvette ; et que la “justice” ne s’obstinait sur son cas que « parce qu’elle est une femme » et qu’elle vit « dans un pays où les femmes sont privées de leurs droits les plus élémentaires. »

Que Sakineh soit privée de ses droits les plus élémentaires, cela ressort du fait qu’elle n’a même pas eu droit, dans cette affaire, à un jugement limpide, dans une langue qu’elle puisse comprendre (« quand le juge a prononcé la sentence, a-t-elle déclaré au Guardian, je n’ai même pas réalisé que j’allais être lapidée à mort car j’ignorais ce que signifiait le mot “rajam” ; ils m’ont demandé de signer la sentence, ce que j’ai fait, et quand je suis retournée en prison et que mes codétenues m’ont avertie que j’allais être lapidée, je me suis immédiatement évanouie ») ; cela est confirmé par les mésaventures de son ancien avocat, Mohammad Mostafaei, celui-là même qui a attiré l’attention internationale sur son cas et qui s’est vu, pour cela, menacé d’emprisonnement (il n’a dû son salut qu’à la fuite en Turquie où il attend un visa pour la Norvège – mais non sans que son épouse, Fereshteh Halimi, ait été retenue en otage et emprisonnée) ; et cela est attesté, enfin, par le fait que, nonobstant l’horreur de la chose même, et quitte à entrer dans les détails les plus scabreux, une mise à mort par lapidation n’est possible en “droit” iranien que lorsque la famille de la victime en fait la demande (ce qui, dans le cas de Sakineh et de sa famille, n’est, évidemment, pas le cas !).

Mais par delà ces considérations dans lesquelles nous n’avons ni le goût ni peut-être, désormais, vraiment le temps d’entrer, il est urgent d’intervenir pour empêcher une mise à mort dont les observateurs de la scène iranienne ont tout lieu de redouter l’imminence.

Il est urgent de répondre à l’appel des enfants de Sakineh, Fasride et Sajjad Mohammadi Ashtiani, nous adjurant de ne pas fermer les yeux sur une mise en scène aussi grossière et de ne pas laisser leur « cauchemar devenir réalité ».
Il est urgent d’exiger des autorités, pour Sakineh, le renoncement à toute forme d’exécution, une remise en liberté sans délai et la reconnaissance de son innocence.

Des dizaines de femmes sont, chaque année, en Iran, condamnées au fouet, à la lapidation ou à d’autres peines dont la barbarie glace, tout autant, les sangs : il est urgent, au-delà même du cas de Sakineh, que l’ONU rappelle au régime des Mollahs les promesses faites, en 2002 et en 2008, quant à l’abolition de ce type de châtiments.

La vie d’une femme est en jeu.
La liberté et la dignité de milliers d’autres se jouent également là.
Et il s’agit enfin de l’honneur d’un grand pays, doté d’une culture aussi magnifique qu’immémoriale, et qui ne peut se voir résumer, sous les yeux du monde, au visage ensanglanté, réduit en bouillie, d’une femme lapidée.

Pitié pour Sakineh.
Source : laregledujeu.org




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13 Messages

  • Mr le moine,
    que la paix soit avec vous
    je suis bien d’accord avec vos belles paroles remplies d’amour de compassion,et d’un message que tout occidental veut entendre...
    mais pour emmettre un jugement digne de ce nom il fo je pense connaitre et avoir tous les elements....
    l’adultére est un peché en islam, autant que pour les chretiens et les juifs....et pour la voie sage je pense qu’il y a peu de personne (excepté ce qui n’ont plus de valeurs, n’oubliez pa qe malgres une apparence tres joyeuse notre société est en pleine décadence...vous ne trouvez pas... )qui sont pret en entendre que leur fem se promene...
    alors et c le cas apparement laba ils usent de moyens pour faire respecter cette voie sage...c legitime...certes c trés barbare mai il ne faut pas oublier la cause premieres qui est de maintenir une famille, une société en paix...apres et ce n’est qu’aprés legitimer ce principe, cette origine que l’on pe discuter avec cette pratique barbare et ces organisateurs...ca se sera sage...sinon c du blabla d’occidentaux...ceux qui medite pour eloigner leur depression malgres les gros sous de leur porte monnaie et qui ne sont meme pas capable de donner une seule piece au mendiant qi croise dans la rue...et la pourra rayonner la voie de la compassion bouddhique pour moi...n’oubliez pas qe l’islam autorise a la fem de demander le divorce ... et fut mem a l’origine des premirs droits des fem (mais cela il fo pas trop le dire car personne le croira...pour l’instant)
    alors priez ou meditez pour plus d’amour plus d’unité et de compréhension dans ce monde qui part à la derive ...et si vous mediter avec conscience sur la face du monde je pe vous assurer qu’il part en live a cause d’une petite minorité de personne qui ont pris les rennes en main et qui se croient tt permis...mais vraiment tout...jusqu’a éliminer ce qui les dérange...ces gens la sont trés dangereux ils ont les pleins pouvoirs...ils hypnotisent au gres de leur volonté...aldous huxley connaissait leur volonté deplacée et non harmonieuse...
    avec tout le respect que je vous dois pour la voie ascetique que vous avez choisie...
    cordialement

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    • Prions pour que justice sociale, tolérance et égalité entre hommes et femmes soient nos valeurs universelles.

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    • Lettre d’un moine Bouddhiste à Sakineh, femme iranienne condamnée à la lapidation pour avoir aimé 10 septembre 2010 10:14, par Abbé Federico PROCOPIO - Kwan Um Zen

      Cher internaute.
      Qu’aucun jugement ne soit pas élevé. Seulement un constat et face à ce constat : amour et compassion.
      Certes on pourrait justifier tant de choses s’appuyant sur des principes sacrés ; les bains de sangs des croisades, les innombrables innocents brulés vifs par la sainte inquisition, la lapidation d’une femme qui aime, la pendaison d’un homme qui aime un autre homme.... on pourrait justifier tout cela au nom de nos "dieux". Mais non !

      Ma voix s’élève empreinte d’amour et de compassion, mais de colère aussi. Et avec ma voix des millions d’autres voix s’élèvent sensibles et compatissantes ; cela signifie, que certes, ce monde est quelque peu perdu... mais le coeur de l’homme sait s’éveiller à la vie et à la sagesse, à l’amour et à la vérité.

      Nul ne justifie que l’en ensevelisse une femme jusqu’au cou et que l’on réduise en bouillie sa tête sur la place publique. Rien. Ni un Dieu, ni n’importe quelle cause ne pourraient justifier cela. Rien. Rien du tout.

      Puisse ce monde se libérer de la souffrance.
      Puissent cesser toutes ces lois stupides et cruelles, barbares et inhumaines qui terrorisent les peuples au sol nom du "Dieu Pouvoir" ; cette brutalité, cette barbarie, cette ignorance, cette avidité sont le reflet d’une humanité perdue, souffrante certes, mais merveilleuse tout de même.

      Puisse le merveilleux peuple d’Iran, s’affranchir de ce fléau et retrouver l’harmonie et la liberté inconcevable de l’homme.

      Federico PROCOPIO

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    • Quelque soit le pays, quelque soit la religion, nous sommes tous frères et soeurs. Que cette femme soit adultère ou non, qu’importe. Là n’est pas le problème. Il est question de l’abolution de la peine de mort parmi les humains. Il est impossible de tuer au nom d’une religion ou d’un état. Un crime de religion est tout aussi dans l’obscurantisme qu’un crime d’état. Rien ne peut justifier un tel acte.

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    • Bonjour , je m’appelle Norah Française d’origine, Kabyle... et je voulais répondre à la lettre de Yahia Barde, : OK , quelque soit la religion , ou pas : Athée, ..... rien ne justifie quelque soit la faute, Une Lapidation....
      vous dites que c’est pour resserrer les liens familiaux ????? et que que notre société est en pleine décadence....oui la je suis d accord avec vous... mais est ce que cela justifie une Lapidation ???? NON qui sont ces hommes ou femmes qui au Nom d’une Religion ou de Dieu.... (qui n’est d’ailleurs pas présent pour donner son Avis)... JUGE une femme .... chacun est libre de son esprit et son corps.... elle a un Mari pour discuter... et si ç’a va pas ... eh bien la solution la plus HUMAINE est de quitter le DOMICILE, qui sommes NOUS ? pour juger et CONDAMNER , oui D’une TELLE BARBARIE !!! Mon frère est Musulman et Dites vous que tous les Musulmans, ne sont pas BARBARE !!! LA TOLÉRANCE c’est cela , mais Dieu ou Bouddha... peut importe ... se sont eux qui nous Jugerons , Mais Pas nous IGNORANT que nous sommes.Il y a un verset de la Bible qui dit : Ne regarde pas la poussière qu’il y a dans l’oeil de ton voisin REGARDE LA POUTRE qu’il y a dans les tiens.
      Salutations Madame
      je ne vous juge pas, mais comme vous je donne mon AVIS, et C’est mon devoir qui ne regarde que moi , comme chacun doit balayer au bas de sa porte.... : d’aller la ou ON TOUCHE Aux droits de L’homme , de l’Enfant.... Animaux ...

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      • Bonjour Norah. Je suis heureux de te lire, toi qui était présente et active pour soutenir les moines birmans lors des événements de la révolution safran. Je te retrouve dans ce forum avec la même envie d’un monde tolérant au delà des différences et des croyances des uns et des autres.
        Français, iraniens, américains, musulmans, chrétiens, bouddhistes, nous sommes tous identiques, fait d’ombres et de lumière, de doute et d’amour.

        Affirmons l’impossibilité de tuer au nom d’une religion ou d’un état. Un crime de religion sort tout droit de l’obscurantisme comme un crime d’Etat.
        A l’horreur d’un meurtre, la manière de tuer peut renforcer l’inacceptable. Rien ne peut justifier les souffrances d’une lapidation. Un état en décrétant une mort infiniment douloureuse perd toute dignité et crédibilité. Et là il ne s’agit pas uniquement de l’Iran, mais de tous les pays bafouant les droits inaliénables des êtres vivants.

        Puissent tous les états sur cette planète voter enfin la suppression de la peine de mort
        Puissent toutes les religions ne proférer que des paroles de paix.
        Et que les victimes de ces atrocités puissent rassembler assez d’amour pour pardonner.
        Retrouvons un parfum d’innocence en chacun de nous pour l’offrir à tous.

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  • Son “crime” (qu’elle n’a avoué, rappelons-le, que sous la torture et qui consisterait, selon ses accusateurs, à avoir eu deux relations amoureuses hors mariage) avait déjà été puni par 99 coups de fouet administrés en présence de l’un de ses deux enfants. Et ces gens là qui tiennent ce fouet et lancent ces pierres vont dire que c’est la loi de Dieu ? La grandeur est dans le pardon des offenses, elle n’est pas dans l’acharnement de la colère-haine qui impose son châtiment. Et pourquoi donc cette obligation de fidélité sous peine de mort ? Lorsque l’on sait que des harems ne sont existants que pour le bon plaisir d’un seul homme.

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    • Federico, ma première réaction à la lecture de vos lignes a été une réaction de gratitude. Mon coeur vous a crié merci, en son nom, qui n’est pourtant pas celui de Sakineh, mais celui d’une femme libre d’occident.

      Alors que je m’interrogeai sur la raison d’une si puissante gratitude, observant ma condition féminine, un poème de Thich Nhat Hanh déjà lu sur Buddhachannel m’est revenu à l’esprit.

      Permettez-moi de vous le faire partager une nouvelle fois.

      De tout coeur, Sophie.


      THICH NHÂT HANH : APPELEZ MOI PAR MES VRAIS NOMS

      Ne dites pas, je serai parti demain,
      car je ne cesse de naître, aujourd’hui encore.
      Regardez en profondeur : je nais à chaque seconde
      bourgeon sur une branche printanière,
      oisillon aux ailes encore fragiles,
      apprenant à chanter dans mon nouveau nid,
      chenille au cœur d’une fleur ;
      bijou caché dans une pierre.

      Je ne cesse de naître, pour rire et pour pleurer ;
      pour craindre et pour espérer :
      Mon cœur est rythmé par la naissance et
      la mort de tout ce qui est vivant.

      Je suis l’éphémère se métamorphosant sur l’eau de la rivière,
      et je suis l’oiseau qui, au printemps, naît juste à temps pour manger l’éphémère.

      Je suis la grenouille nageant heureuse dans la mare claire,
      Et je suis l’orvet approchant en silence pour se nourrir de la grenouille.

      Je suis l’enfant d’Ouganda, décharné, squelettique,
      aux jambes pareilles à des bambous fragiles,
      et je suis le marchand d’armes vendant des armes meurtrières à l’Ouganda.

      Je suis la fillette de douze ans, réfugiée sur une frêle embarcation,
      Se jetant à l’eau pour avoir été violée par un pirate,
      et je suis le pirate, au cœur incapable encore de voir et d’aimer :
      Je suis un membre du Politburo,
      et je suis l’homme qui doit acquitter sa "dette de sang " envers mon peuple,
      mourant lentement aux travaux forcés.

      Ma joie est comme le printemps, chaude,
      au point d’épanouir des fleurs en tout mode de vie.
      Ma peine forme une rivière de larmes, débordante,
      au point d’emplir les quatre océans.

      S’il vous plaît, appelez-moi par mes vrais noms,
      Que j’entende ensemble mes cris et mes rires,
      Que je voie ma joie mais aussi ma peine.

      Appelez-moi, s’il vous plaît, par mes vrais noms,
      Que je m’éveille, et ouvre pour toujours la porte de mon cœur,
      la porte de la compassion.

      Par Thich Nhat Hanh

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    • Lettre d’un moine Bouddhiste à Sakineh, femme iranienne condamnée à la lapidation pour avoir aimé 10 septembre 2010 22:02, par Abbé Federico PROCOPIO - Kwan Um Zen

      Je suis bien d’accord.
      D’ailleurs, adultère ou pas, qui pourrait décider de l’amour d’un autre individu ?
      Au delà du fait qu’on fait de sa vie ce qu’on veut à partir du moment où nous sommes conscients de nos actes et que ceux-ci ne portent pas atteinte à la vie ni à l’harmonie de l’univers.

      Il est important néanmoins de porter un regard compatissant et aimant sur ces hommes criminels et ignorants.
      Il est fondamental de percevoir leur mal aller, leur mal être, leur souffrance, et en percevant cela, offrir tous les mérites de nos pratiques et de notre compassion pour que ces êtres accèdent un jour à la lumière.

      Ils ne connaissent pas l’amour, alors ils en ont peur, il le punissent.
      Ils ne connaissent pas la liberté, alors ils vivent en esclaves de leur ignorance.
      Ils ne connaissent pas la joie véritable, ils demeurent donc dans une tristesse farouchement exhibée qui en dévient un dogme qu’ils imposent le croyant être vérité.
      La sagesse les a abandonnés ; ou plutot ils s’en sont éloignés.
      Leur souffrance est grande.
      Ayons une infinie compassion pour eux, tout en condamnant fermement leurs actes.

      Federico PROCOPIO

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  • Tres belle lettre qui touche mon coeur
    j’ajouterais à l’attention de yahia et mes frères et soeurs musulmans qui partagernt vos idées.
    Bouddha, et Jesus sont des frères, comme l’a écrit Thich Nhat Hanh, Mahommet est aussi leur frère , nous sommes tous leurs petits frères et soeurs, et je ne pense pas que Allah votre Père aurait toléré qu’une de ses enfants soient lapidée par ses frères et soeurs ou plus géneralement que ses enfants s’entretuent entre eux.

    Si les religions ont produit de telles horreurs, Si le monde est ainsi, s’il n’est pas en Paix et en Harmonie, c’est parceque les êtres humains que nous sommes, ont mal compris et mal interprété le message de ces grands sages.

    cela s’appelle l’ignorance, et c’est un des poisons de l’esprit comme l’avidité ou l’aversion et ce sont les causes de la souffrance de ce monde que comme moi vous condamnez.

    Oui je suis aussi bouddhiste et dans ma prière matin et soir je dis comme tous les bouddhistes "puisse le monde se liberer de la souffrance et de ses causes "

    voila ce que je voulais vous dire à vous et à vos (mes) frères musulmans

    Malheureusement, je ne suis pas encore arrivé au niveau de comprehension de Federico PROCOPIO, ou du vénérable Thich Nhat Hanh, ou de certains sur ce forum...
    je ne me sens pas capable d’avoir de la compassion pour ces bourreaux...

    Salam Aleykum

    Om Mani Padme Hum

    que le joyau du Lotus s’épanouisse dans nos coeurs

    Michel

    repondre message

    • Très cher Michel, vous dites que la Compassion c’est difficile. La Compassion ce n’est qu’un état d’Amour comme un fleuve tranquille qui se faufile et creuse sont lit paisiblement. Il est dans sa seul nature, de sa source à l’océan, il coule. N’imaginez pas que c’est un exploit de l’âme, un privilège réservé à des âmes aguerries. Sur ce fleuve et dans son flot il y a des objets, des plantes....des choses diverses qui vivent dedans où se déplacent malgré eux. Qu’ils soient dedans ou à sa surface, peu importe, la Compassion ce n’est que ce fleuve et sa présence.

      repondre message

  • A tous les gens qui ont soif de Vérité....

    veillez lire cet article qi explique l’origine de l’histoire Shakineh

    http://www.voltairenet.org/article166999.html

    asalam aleikoum

    repondre message