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Suisse — Alain Bordier ouvre une fenêtre sur le Tibet

lundi 23 août 2010

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23.08.2010


Une fenêtre du grand loft, aménagé au-dessus d’une ancienne chapelle de Gruyères, donne sur la vaste église de ce qui fut une cité au Moyen Age. Une autre sur l’école, désaffectée depuis peu. « C’est là que j’ai installé une partie de mes bureaux », explique Alain Bordier. Comme le régisseur genevois (« ô, semi-retraité, à 66 ans ! ») passe toujours plus de temps dans la localité fribourgeoise, où il a ouvert son musée consacré au Tibet, il y a fait son nid.

« Tout est arrivé par un concours de circonstances. » Notre interlocuteur avait un ami importateur de textiles. « Il m’a fait accomplir en 1977 le tour de ses fournisseurs, de Bénarès à Jaipur. » De quoi attraper le virus de l’Inde, découverte en profondeur avec des taxis loués sur place. « C’est l’atmosphère du pays qui m’a séduit. » Elle a donné au néophyte l’envie de revenir, « avec ma femme et des amis ». Alain Bordier est allé de découverte en choc culturel.

« C’est au Ladakh que j’ai découvert les plus beau monastère survivant du monde bouddhiste de l’an 1000. »

Comme hypnotisé

A ce moment-là, le Genevois n’est encore ni converti, ni collectionneur. « En Inde, il y a cependant une telle pression qu’on y achète de petites choses. » Rien de sérieux. « Le cheminement est venu ensuite. Un premier Bouddha m’a comme hypnotisé. Tout mon argent a fini par y passer. » S’entourant de conseillers, spirituels et artistiques, l’homme a développé tant sa quête personnelle qu’un ensemble toujours plus vaste de peintures et de sculptures tibétaines.

« J’ai fait toutes les ventes aux enchères. » Michel Bordier est entré en contact avec les marchands « avec qui je pouvais tisser des liens d’amitié. » C’est ainsi qu’il a croisé en 1987 Ulrich von Schroeder, qui signe aujourd’hui un des catalogues de la Fondation Alain Bordier. « J’avais fini par avoir plus de 400 pièces dans deux chambres de ma maison de Sierne. Je ne pouvais pas les garder pour moi. J’ai ainsi créé cette fondation avec l’accord de mes enfants. »

Cinq ans de travaux

Encore fallait-il la loger. A Genève ? Michel Bordier n’était pas chaud. « Les musées privés y ont la vie dure. » Alors où ? C’est par un autre hasard que l’amateur a abouti à Gruyères. « Il y avait à vendre, depuis des années une maison appartenant à quatre propriétaires. » Il s’agissait d’un morceau de l’ancien château Saint-Georges, dont une autre partie est occupée par le Musée Giger, consacré au peintre fantastique. « Pourquoi pas, en dépit des travaux à entreprendre ? »

Alain Bordier s’est donné le temps. Il aura fallu cinq ans pour que la chapelle d’une ancienne communauté de religieuses, vouées à l’éducation de sourds-muets, devienne un temple du bouddhisme. Car attention ! Nous ne sommes pas ici, comme au Musée Rietberg de Zurich, face à des objets simplement disposés dans des vitrines. Il faut entendre leur propriétaire évoquer les bouddhas et bodhisattvas assemblés. Chacun d’eux se voit remis, à grand renfort de termes spécialisés, dans son contexte théologique !

« J’ai fait travailler beaucoup d’artisans du pays. » Une restauratrice genevoise aussi. Les lieux ont retrouvé leur lustre. Des vitraux sulpiciens luisent doucement au-dessus des divinités orientales. Un escalier à colimaçon en verre mène à la tribune, où se trouvent disposés d’autres objets. « J’en ai disposé environ 150. Il m’arrive encore de compléter. Le bronze doré que vous voyez là, je l’ai acquis la semaine dernière. »

Tout serait parfait si le public suivait. Seulement voilà ! Ouverte en avril 2009, la fondation accueille peu de monde. « Il y a beaucoup de touristes à Gruyères, mais le 90% se contente de traverser la bourgade et de boire un verre. Le château en reçoit le 10%. Le Musée Giger et le mien ne reçoivent encore que quelques visiteurs. »

Dommage ! Somptueusement présenté, adroitement expliqué et finalement bien intégré dans le paysage, le musée vaut la visite. Une visite guidée, si possible !

« Tibet Museum »
4, rue du Château à Gruyères.
Ouvert tous les jours, de 11 h à 18 h, jusqu’au 31 octobre.
Du 1er novembre au 31 mars du mardi au vendredi de 13 h à 17 h, samedi et dimanche de 11 h à 18 h.
Tél. 026 921 31 10
www.tibetmuseum.info


Source : La Tribune de Genève

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