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Kampuchéa mon amour

lundi 16 août 2010

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Il existe mille et une façons de toucher l’âme au travers d’histoire, nous avons bien trop tendance à l’oublier, tant nous sommes habitués (et nous tenons par confort et fainéantise) à des formes de narrations linéaires, où les séquences chimériques sont parfaitement identifiées tout autant que les Flashback, avec un début, une fin, des évènements et articulations orientant le récit selon des règles éprouvées. Pour appréhender le récit de la Colline empoisonnée, de Freddy Nadolny Poustochkine chez Futuropolis, il vaut mieux se préparer à lire une histoire qui ne se livre pas de manière évidente, malgré ses motifs doux en apparence, ses saynettes tendres et anecdotiques où se dessinent la vie simple et les petites contradictions des jeunes personnages tantôt dans une école de banlieue bien française, tantôt au milieu de la jungle ou des rizières.

Ceux qui chercheront l’expression d’une enfance vécue sous le joug des Khmers rouges, avec leurs rivières de sang, leurs monstrueux mausolées de crânes et leur folie exterminatrice, en seront pour leurs frais. Si Freddy Nadolny Poustochkine n’est pas un enfant du Cambodge (il est français avec des origines ukrainiennes), cela ne l’empêche pas d’en marquer les douloureuses contradictions au travers des trajectoires de ses personnages, tous visages d’une réalité marquée par la perte de l’innocence, l’errance et la quête de l’identité par le travail de mémoire. Dit comme ça, cela pourrait paraître indigeste, or il n’en est rien. Cela tient au trait léger de pinceau de l’auteur, à sa mise en page qui ne s’encombre ni de cadre ni de bordure, donnant à chaque vignette une force unique. On peut lire la Colline empoisonnée d’une traite, et, comme pour un livre d’illustrations, isoler une page et admirer le travail de composition de Freddy Nadolny Poustochkine, la vérité qu’il trouve dans l’attitude de ses personnages.

La Colline empoisonnée fait partie de ces livres qui ne se racontent pas, il constitue une expérience dont on ressentira les effets longtemps après la lecture, dont les significations, d’abord obscures, s’éclairciront de mille couleurs au fil de notre vie. Il ne s’agira pas de savoir si on comprend ce qu’a voulu dire l’auteur, non, mais de ce que cela nous inspire. C’est la rencontre entre sa propre expérience personnelle et ce livre qui délivre du sens, c’est cet échange qui produit de la richesse et participe à la construction de sa propre identité culturelle. Si on soupçonne que Freddy Nadolny Poustochkine raconte malgré tout un peu de son vécu au travers de l’histoire, là n’est pas l’essentiel. La colline empoisonnée qui donne son nom à l’album se rapporte à la colline qui se serait formée à la mort du Bouddha, le monde entier se regroupant pour former un tertre gigantesque dont “le sommet fut frappé par la foudre” comme dit au milieu du livre. Les horreurs des khmers rouges ont sans conteste empoisonné la colline, l’héritage a été dégradée et n’est plus désormais que souvenir d’une enfance salie et révolue. Ou pas. Freddy Nadolny Poustochkine nous raconte son Kampuchéa avec amour, recevez-le sans perdre de temps le coeur ouvert.

Pour découvrir et entrer en contact avec Freddy Nadolny Poustochkine, visitez son blog où s’affiche son remarquable travail.

Auteur : Sébastien Naeco

À lire également sur Buddhachannel :
BD — La colline empoisonnée de Freddy Nadolny Poustochkine


Source : Le Monde

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