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Shantidéva(687-763 après J-C) — Biographie

lundi 19 octobre 2015, par Buddhachannel Fr.

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Shantidéva (687-763 après J-C) est né prince héritier d’une famille royale du Goudjerate, royaume de l’ouest de l’Inde. Son père était le roi Koushalavarmana (Armure de Vertu) et sa mère était reconnue pour être l’émanation de la déité tantrique Vajrayogini. À sa naissance, le prince reçut le nom de Shantivarmana (Armure de Paix).

Alors même qu’il était très jeune Shantivarmana montra un don exceptionnel dans le domaine spirituel et, à l’âge de sept ans, il était déjà extrêmement versé dans la science intérieure de la religion. À cet époque-là, son enseignant principal était un yogi qui avait si parfaitement développé la sagesse pénétrante qu’il était connu pour avoir atteint l’union avec Mandjoushri, la déité personnifiant la vue pénétrante de tous les êtres illuminés. Lorsque Shantivarmana lui-même effectua une retraite méditative, il eut lui aussi une vision directe de Mandjoushri et reçut également de nombreuses annonces prophétiques.

Peu de temps après cela, le roi Koushalavarmana mourut et Shantivarmana hérita du trône. La nuit qui précéda son couronnement, cependant, Mandjoushri lui apparut en rêve. Il dit au prince qu’il devrait renoncer à son royaume et devenir un moine célibataire. Dès qu’il se réveilla, Shantivarmana s’enfuit du palais et disparut dans la forêt pour méditer. Là encore, il reçut une vision de Mandjoushri qui lui remit une épée en bois symbolique. En la prenant Shantivarmana atteignit huit réalisations parfaites. Puis il se mit en route pour la grande université monastique de Nalanda où il fut ordonné moine par l’abbé Djayadéva (Dieu de Victoire) et reçut le nom d’ordination de Shantidéva (Dieu de Paix).

À Nalanda, le développement spirituel de Shantidéva fit de rapides progrès, en particulier en résultat de son entraînement aux méthodes profondes et exigeantes du tantra. Toutefois, étant donné qu’il faisait toutes ses pratiques en secret, la nuit, et se reposait pendant la journée, il sembla aux autres moines qu’il n’effectuait que trois activités : manger, dormir et déféquer. C’est la raison pour laquelle les autres moines le désignaient sarcastiquement sous le nom de « Trois Réalisations ». Sentant que c’était un moine tout à fait irresponsable, une insulte à leur illustre université, ils mirent sur pied un stratagème destiné à se débarrasser de lui. Le croyant à tort un méditant médiocre et un ignorant en matière de doctrine théorique, ils firent en sorte que Shantidéva ait à donner un discours en présence de tous les membres du monastère. Ils pensaient que l’exhibition de son ignorance l’humilierait à un tel point qu’il n’aurait plus qu´à s’enfuir de honte.

Lorsque le jour de l’humiliation publique ainsi prévue arriva, Shantidéva monta sur le trône de prédication et, à la grande surprise de l’assemblée, délivra un discours qui, lorsqu’il fut mis par écrit, devint connu sous le nom de Guide du mode de vie d’un bodhisattva (Bodhisattvatcharyavatara en sanscrit), qui est encore considéré aujourd’hui comme étant les meilleures instructions jamais écrites pour devenir un bodhisattva – un être destiné à la pleine illumination. Au cours de l’exposé du neuvième chapitre, qui traite de la sagesse qui appréhende la vraie nature de la réalité, il déclara ceci : « Tout est semblable à l’espace. » À ce moment-là, il commença à s’élever dans le ciel, volant de plus en plus haut jusqu’à disparaître et cependant sa voix demeura parfaitement audible. C’est de cette manière miraculeuse que le reste du neuvième chapitre et la totalité du dixième furent exposés.

N’ayant aucun désir de revenir à Nalanda, Shantidéva partit pour le sud de l’Inde. Inutile de dire que les moines qu’il laissa derrière lui avaient été profondément impressionnés et même quelque peu abasourdis par ses enseignements et la démonstration de ses pouvoirs psychiques. Peu après, il y eut une dispute au sujet de ces mêmes enseignements. Les pandits du Cachemire prétendaient que Shantidéva n’avait enseigné que neuf chapitres alors que certains érudits du Magadha, qui possédaient de grands pouvoirs de mémorisation, soutenaient qu’il en avait en fait enseigné dix. Il fut finalement décidé que le seul moyen de résoudre ce désaccord serait d’écouter ces enseignements une fois encore et ainsi plusieurs moines quittèrent Nalanda à la recherche de celui qu’ils avaient autrefois méprisé et, l’ayant trouvé, le prièrent de répéter son discours. C’est ce qu’il fit et de plus il leur donna le texte de son Compendium des entraînements (Shikshamoutchchaya en sanscrit) qui explique également les pratiques d’un bodhisattva. À partir de ce moment-là, l’étude et la mise en pratique des œuvres de Shantidéva se répandit largement à travers l’Inde et dans d’autres pays bouddhistes mahayanas.

Alors que la renommée de Shantidéva se propageait de plus en plus loin, un grand nombre de non-bouddhistes en devinrent jaloux. Un de leurs plus grands enseignants, Shankadéva, mit Shantidéva au défi de se mesurer à lui en un débat où le perdant devait abandonner sa propre doctrine pour adopter celle du vainqueur. En utilisant ses pouvoirs miraculeux et sa logique impeccable, Shantidéva sortit victorieux, amenant par ce moyen Shankadéva et tous ses disciples dans le rang des bouddhistes.

Une autre fois, alors qu’une grande famine sévissait dans le sud de l’Inde, Shantidéva annonça qu’il allait accomplir un acte de générosité. Le jour suivant, de nombreuses personnes se rassemblèrent pour voir ce qu’il ferait. Shantidéva accomplit alors la tâche d’apaiser la faim de toute la foule avec un seul bol de riz ! À cause de tout cela toute la population locale développa une grande foi en Shantidéva et adopta le mode de vie bouddhiste.

Ceci n’est qu’une courte biographie du grand bodhisattva Shantidéva qui a accompli tout au long de sa vie d’innombrables actions pour répandre le dharma et aider les êtres sensibles. Même aujourd’hui, ceux qui sont assez fortunés pour lire, étudier et méditer ces textes incomparables peuvent comprendre qu’ils sont la source d’une profonde sagesse et de grands bienfaits.



Source : Éditions Tharpa

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