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Les Dieux du Foyer Vietnamien

mercredi 16 septembre 2009

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La célébration du nouvel an viêtnamien, le Têt Nguyên Dan, est célèbre. Il est d’une grande importance dans la vie familiale viêtnamienne, et pas seulement parce qu’il est une occasion de manger et de se retrouver. Les cérémonies liées à la fin de la vieille année et célébrant l’arrivée de nouvelles perspectives se réfèrent au système de croyances et de représentations de la culture vietnamienne.




Cet ensemble de considérations religieuses a donné lieu à divers cultes célébrés durant cette période critique. Ainsi, c’est durant ces festivités que les ancêtres reviennent pour la seule fois dans l’année parmi les membres de leur famille. C’est aussi la période durant laquelle les terres sont au repos : après un temps de pause, la célébration des rites Dong thô permettront de « réactiver les sols ». Enfin, c’est le moment où les familles vietnamiennes préparent le voyage céleste du génie du foyer, Ông Tào (ou Tào Quân, Thô Công, Ông vua bêp). Ce personnage, semblable aux dieux lares romains, réside dans la cuisine de chaque foyer viêtnamien aux côtés de Thê Dia, dieu du sol et de Thô Ky, déesse de la terre.



La provenance de ces personnages reste obscure : Ông Tào remonterait à l’époque des Han et des Song mais aucun texte ne permet d’affirmer quoi que ce soit. Seule une légende, rapportée pour la première fois par G. Dumoutier en 1907, donne de maigres indications sur une éventuelle origine.



Un couple, Trông Cao et Thi Nhi, sans enfant, se disputait tout le temps. Un jour, après que son mari l’ai battu vertement, Thi Nhi s’enfuit. Assise à un carrefour, elle rencontre Pham Lang, un paysan revenant des champs qui rentre chez lui. Elle devient sa femme. Le premier mari, seul, ne pouvant survenir à ses besoins, est devenu mendiant. Cherchant de quoi se nourrir, il arrive, sans le savoir, dans la maison de son ancienne femme. Elle le reconnaît mais pas lui. Affamé, assoiffé, il se restaure et perd connaissance. Son mari ne devant pas tarder à rentrer, Thi Nhi transporte le mendiant dans une meule de paille érigée dans le champ proche de la maison. A son retour, le mari décide de brûler la meule de paille afin d’utiliser les cendres pour les labours du lendemain. La femme, voyant que son premier mari va périr dans le feu à cause d’elle, se jette dans les flammes. Le second mari, de désespoir, s’y jette aussi. Un domestique touché par le drame les rejoint.



Autrefois, on trouvait dans toutes les cuisines vietnamiennes un trépied sur lequel reposait la marmite contenant le riz quotidien : chaque pied symbolisait un des personnages de la légende, rapprochés à la triade domestique. Ainsi, Ông Tao ou Tào Quân, génie du foyer, est le Pham Lang de la légende, Thô Dia, dieu du sol, génie des ressources familiales est Trông Cao ; Thô Ky, déesse de la terre, qui produit, alimente et reçoit les corps à leur mort, est Thi Nhi. Les trois pierres qui soutenaient la marmite du riz dans les foyers étaient toujours accompagnés d’une brique aplatie, rappelant le domestique qui se jeta dans les flammes à la suite de la tragédie.



Les cuisines étaient anciennement construites en direction de l’Ouest ou du Sud, le Nord et l’Est étant désagréable à Thô Ky (ces deux dernières directions ont une symbolique négative dans le système de croyances viêtnamien). De nos jours, les gazinières ou autres feux électriques ont remplacé l’ancien trépied dans les grandes villes, mais la triade domestique est toujours sensée résider dans la cuisine. Actuellement, ces divinités sont représentées dans l’iconographie populaire par trois personnages assis sur une estrade. La femme est au milieu, entourée de ce qui est considéré comme être la base vitale de l’existence matérielle (buffle, chien, cochon, poules, pigeons, sacs de riz, mortier, ustensiles de cuisine et les trois briques, support de la marmite). Ces trois briques sont sur un trépied, représenté par trois protubérances à la partie supérieure des fourneaux de terre, symbole des divinités domestiques. Le génie du foyer a l’aspect d’un enfant malicieux, jovial et en bonne santé, vêtu du costume que portaient les mandarins de l’époque impériale.



Lors des cérémonies familiales, des offrandes sont toujours adressées à Ông Tào, mais c’est à la fin de l’année qu’il est l’objet d’un culte propre.



Le rôle de Ông Tào est de faire un rapport annuel à l’Auguste Empereur de Jade, Ngoc Hoàng (appelé communément Ông Troi « Monsieur le Ciel »). Il doit lui exposer les faits et gestes de la maisonnée dans laquelle il réside. Le dieu taoïste résidant dans le Palais de Jade de la Cour Céleste, suivant les dires des divers génies du foyer, distribue les récompenses ou les punitions pour l’année à venir. Ainsi, avant l’année nouvelle, le 23ème jour du 12ème mois, les familles viêtnamiennes organisent un repas qui célèbre son départ vers le ciel. Il y restera 6 jours environ et reviendra le 30ème jour du mois. Des papiers votifs lui sont offerts et il est habituel de lui offrir des gâteaux de riz gluant qui, de par leur consistance, le gêneront pour parler lorsqu’il devra faire son rapport. Lors de son départ, le feu familial est éteint.



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Carpes
Toile de Stéphane Paquette

Le soir venu, le chef de famille offre deux carpes vivantes, qui sont conservées dans une cuvette, trois bonnets de papier (pour chacune des divinités) ainsi que des fleurs, des fruits et de l’encens. La famille confesse ses fautes et demande au génie d’intercéder auprès de l’Auguste Empereur. Après avoir fait trois saluts, lay, les carpes sont portées dans le cour d’eau le plus proche où elles sont lâchées : elles seront la monture du génie et de ses deux compagnons. Chevauchant une des carpes, Ông Tào par vers la céleste demeure.



La cuisine n’ayant plus ces illustres gardiens, il faut veiller à ne pas provoquer l’humeur taquine des démons errants. Peut être est-ce pour cette raison que durant l’absence des dieux du foyer, la famille invite ses ancêtres à séjourner dans le monde des vivants.



Au retour de Ông Tào, la famille peut fêter allègrement le début de l’année nouvelle : les démons et les âmes errantes ne viendront pas les perturber car les ancêtres se sont bien restaurés et protègent leur famille, le génie du foyer a repris sa place, repu et prêt à reprendre son rôle protecteur en profitant des odeurs étourdissantes de l’art culinaire des femmes vietnamiennes.



Par Sylvie Chaves



Source : www.Eurasie.net




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