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Dhammapada XXVI – Brahmana-Vagga – Le saint homme

mercredi 16 mars 2016, par Buddhachannel Fr.

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DHAMMAPADA



XXVI – Brahmana-Vagga – Le saint homme


383

Fais des efforts, saint homme !
Coupe la rivière des désirs, rejette les passions.
Prenant conscience de la fin de toute chose conditionnée,
Saint homme, prends conscience de l’Inconditionné.


384

Quand un saint homme a atteint les deux sommets
De la concentration et de la vision pénétrante,
Tous ses attachements se dénouent
Et il connaît la Vérité.


385

Celui pour qui n’existe ni cette rive ni celle de l’au-delà
Pas plus que la moindre rive,
Qui est libre de tout souci et de tout attachement —
En lui je reconnais le saint.


386

Assis en silence, concentré, purifié,
Sa tâche accomplie, toutes souillures envolées,
Il a atteint le but ultime, le plus haut degré —
En lui je reconnais le saint.


387

Le soleil brille le jour, la lune brille la nuit,
Le guerrier brille dans son armure, le saint homme brille en concentration.
Mais, de jour comme de nuit et à tout moment,
L’Eveillé brille de toute sa splendeur.


388

On l’appelle « saint homme » parce qu’il a repoussé le mal
On l’appelle « contemplatif » parce qu’il vit sereinement
On l’appelle « moine » parce qu’il a renoncé
A ses propres impuretés.


389

On ne doit pas frapper un saint homme
Pas plus qu’un saint homme ne doit se mettre en colère si on le frappe.
Honte à qui fait du mal à un saint homme
Honte plus grande encore au saint homme qui se met en colère.


390

Rien ne convient mieux à un saint homme
Que contenir son esprit face aux tentations.
Plus l’intention de faire du mal diminuera
Plus sa souffrance s’apaisera.


391

Il ne fait aucun mal
En paroles, en pensées et en actions,
Il sait se maîtriser de ces trois façons —
En lui je reconnais le saint.


392

La personne qui t’a transmis le Dhamma
Enseigné par l’Eveillé, le Bouddha,
Mérite que tu l’honores de tout ton respect
Comme la flamme du sacrifice par le saint homme est révérée.


393 - 394

Ce ne sont pas des cheveux relevés, le clan ou la naissance
Qui font d’un homme un saint.
Celui qui est droit et authentique a un cœur pur —
En lui je reconnais le saint.


A quoi bon relever tes cheveux, paresseux !
A quoi bon revêtir une peau d’antilope ?
C’est en toi que se trouve le nœud
Et toi, tu ne polis que l’extérieur.


395

Il porte des haillons rapiécés
Ses veines sont saillantes, son corps décharné
Il médite seul dans la forêt —
En lui je reconnais le saint.


396

Il est né brahmane mais cela ne fait pas de lui un saint
Tant qu’il sera attaché à quoi que ce soit, ce sera un arrogant.
Mais celui qui n’a rien et n’est attaché à rien —
En lui je reconnais le saint.


397

Il a coupé tous les liens
Il ne connaît plus la peur
Au-delà des attachements, libéré —
En lui je reconnais le saint.


398

Il a sectionné les liens de l’aversion
Défait les nœuds de l’avidité
Rejeté la prison de l’ignorance — il s’est éveillé.
En lui je reconnais le saint.


399

Il supporte sans colère
Insultes, mauvais traitements, emprisonnement.
Son armée est sa force, sa force est l’endurance —
En lui je reconnais le saint.


400

Libre de toute colère, assidu et vertueux
Libre de toute arrogance, méditant bien entraîné,
Ce corps sera son dernier —
En lui je reconnais le saint.


401

Pas plus que l’eau n’adhère à la feuille de lotus
Ni qu’une graine de moutarde tient sur la pointe d’une aiguille
Il ne s’attache aux plaisirs des sens —
En lui je reconnais le saint.


402

Il réalise par lui-même, ici et maintenant,
La cessation de la souffrance.
Il a posé le fardeau, débarrassé —
En lui je reconnais le saint.


403

Sa compréhension est profonde, c’est un sage
Capable de discerner ce qui est la Voie et ce qui ne l’est pas.
Il a atteint le But ultime —
En lui je reconnais le saint.


404

Il se tient à l’écart
Aussi bien des laïcs que des moines.
Sans demeure, presque sans besoins —
En lui je reconnais le saint.


405

Il a renoncé à toute violence
Envers les faibles comme envers les forts.
Il ne tue pas et n’encourage pas les autres à le faire —
En lui je reconnais le saint.


406

Il est amical quand les autres sont hostiles
Paisible quand les autres sont violents
Sans attache quand les autres sont pleins d’attachements —
En lui je reconnais le saint.


407

Passion et aversion, arrogance et fierté
L’ont abandonné
Comme la graine de moutarde glisse de la pointe d’une aiguille.
En lui je reconnais le saint.


408

Ses paroles sont instructives
Aimables et vraies.
Il n’agresse jamais personne —
En lui je reconnais le saint.


409

Dans ce monde,
Il ne prend rien qui ne lui ait été offert :
Court ou long, petit ou grand, plaisant ou pas — rien !
En lui je reconnais le saint.


410

En lui n’existe aucune attirance
Ni pour ce monde ni pour celui de l’au-delà.
Libre de tout désir et de toute peur —
En lui je reconnais le saint.


411

En lui n’existe aucun attachement
A jamais libéré du doute par la connaissance
Il a atteint la rive au-delà de la mort —
En lui je reconnais le saint.


412

Dans ce monde,
Il a transcendé les liens du mérite et du démérite
Il est libre de tout chagrin, de toute pollution — pur.
En lui je reconnais le saint.


413

Sans tache, pur,
Calme et limpide comme la lune
Il n’a plus aucune attirance pour l’existence —
En lui je reconnais le saint.


414

Sa route lui a permis de dépasser le dur chemin du samsara, de l’illusion
Il est passé sur l’autre rive, libéré du désir et du doute.
Concentré dans sa méditation, sans aucun attachement, éveillé —
En lui je reconnais le saint.


415 - 416

S’il abandonne les plaisirs des sens
Et renonce à la vie dans le monde ;
Passions et désir d’exister définitivement lâchés —
En lui je reconnais le saint.

S’il abandonne le désir et l’avidité
Et renonce à la vie dans le monde ;
Avidité et désir d’exister définitivement lâchés —
En lui je reconnais le saint.


417

Il a laissé derrière lui les liens humains
Il a aussi transcendé les attraits divins.
Il a posé le fardeau de tous les attachements —
En lui je reconnais le saint.


418

Il a laissé derrière lui plaisirs et déplaisirs.
Apaisé, débarrassé de la condition humaine,
Comme un héros, il a conquis tous les mondes.
En lui je reconnais le saint.


419

Il a la connaissance
De tout ce qui concerne mort et renaissance.
Sans attachements, libéré, éveillé —
En lui je reconnais le saint.


420

Nul ne peut suivre sa trace
Pas plus les humains que les deva ou les ghandaba
Toutes souillures effacées — un Arahant.
En lui je reconnais le saint.


421

Il n’a rien derrière lui, devant lui, ni ici —
Il n’a rien.
Aucun objet ne peut l’attacher —
En lui je reconnais le saint.


422

Comme un noble taureau, victorieux,
C’est un héros, un grand être.
Libre du désir, éveillé, purifié —
En lui je reconnais le saint.


423

Il connaît ses vies antérieures, il voit paradis et enfer
Il est parvenu au bout de ses renaissances, il a toute la connaissance
C’est un sage qui a atteint les sommets de l’excellence.
En lui je reconnais le saint.

P.-S.


Traduction par Jeanne Schut basée sur la version anglaise de Thanissaro Bhikkhu


Source : www.dhammadelaforet.org

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