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Le Silence du Bouddha, de Roger-Pol Droit

mardi 1er décembre 2015

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Résumé du livre :
REGARDER LE BOUDDHISME AVEC UN ŒIL DE PHILOSOPHE, TELLE EST L’EXPÉRIENCE QUE TENTE CET ESSAI.

Pour y parvenir, il faut savoir que le Bouddha parle en thérapeute et non en théoricien, mais ne pas se contenter d’une telle réponse. Il devient alors nécessaire de chercher comment tient un discours qui écarte « sujet » et «  substance  » et chemine vers le silence (1er et 2ème chapitres : « Extinction de la parole » et « Savoir silencieux »).

Il faut aussi mettre en lumière l’organisation d’une approche de la réalité qui est étrangère à la conception métaphysique de la causalité (3ème chapitre : « Réalité sous condition »).

D’autre part, en replaçant le bouddhisme dans une perspective indienne globale, il est nécessaire de souligner que le monde est continûment défait et reconstitué (4ème chapitre : « Succession des mondes et répétition »).

Enfin, il est indispensable de revenir sur le contresens conduisant à confondre
bouddhisme et nihilisme, afin de défaire la trompeuse « concordance » proclamée
par Schopenhauer avec sa propre doctrine (5ème chapitre : « Tentation du
nihilisme »).

Ces cinq expériences de lecture menées, dans cet ouvrage, par le philosophe, Roger-Pol Droit, devraient faciliter l’accès à un univers de pensée déconcertant.


« Tenter de sortir de cet entrelacs d’ignorance et de préjugés ? » par Roger-Pol Droit – Extrait du chapitre introductif : « Essais et tentatives »

« SOUVENT, NOUS CROYONS SAVOIR CE QU’EST LE BOUDDHISME. Les librairies sont bien pourvues en ouvrages qui le présentent ou l’étudient, depuis l’introduction pour débutants jusqu’aux publications pour érudits. Tout semble mis en lumière : diversité des écoles et des pratiques, histoire complexe de la ramification des doctrines, évolution et diffusion immenses.

(…) JE CROIS, MALGRÉ TOUT, QUE NOUS SOMMES ENCORE FORT LOIN DE VRAIES RENCONTRES. Pour plusieurs raisons. La première est qu’il n’est pas assuré que « le bouddhisme » existe. Les Européens, au début du XIXe siècle, ont forgé ce terme sur le modèle des noms en -isme qui conviennent aux systèmes de pensée, de croyances ou de dogmes religieux. Un tel objet n’est peut-être qu’un mirage des Occidentaux. Car les savoirs européens aiment les délimitations, les classements, les identités nettes. L’essentiel de leur effort porte sur des tracés de frontières. Il s’agit toujours de préciser les contours – d’une idée, d’un objet – de les stabiliser, et d’opérer des tris. (…)

Le mouvement de fond, en Asie, est exactement inverse : effacer les barrières, les distinctions, dissoudre ou écarter le sujet clos, le concept qui agrippe, les apparentes contradictions qui bloquent le mouvement. Le but ultime est la fusion avec le tout, l’insertion sans médiation dans un réel fluide et mouvant.
La sagesse : parvenir à cet état où toutes les frontières s’estompent puis s’abolissent, se tenir sans fin dans cette indistinction suprême.
Mieux vaut éviter de demander, à propos des écoles de vie asiatiques : s’agit-il réellement de religions ? Ou bien de philosophies ? Ou encore de spiritualités, de voies de salut, de thérapies, de doctrines-médecines ? L’idéal serait de parvenir à se représenter un mixte instable de ces divers éléments, selon des proportions variables et des configurations mobiles.
Sans oublier d’ajouter à ce mélange, pour finir de le rendre impur : magie et superstitions, cultes locaux, rencontres innombrables, fusions partielles, syncrétismes, métissages. Voilà la réalité multiforme, souvent déconcertante, qu’on nomme, faute de mieux, « grandes religions d’Asie ».
Nos catégories habituelles parviennent mal à enserrer cet océan de textes,
pratiques, de croyances. « LE BOUDDHISME  » – comme d’ailleurs « l’hindouisme » ou « le taoïsme » – DÉBORDE NOS CLASSEMENTS, ET LES REMET EN CAUSE

Il faut du temps pour en prendre conscience. Or, la découverte, par l’Occident, des religions d’Asie est récente. C’EST À TORT QU’ON CROIT LES DOCTRINES DE L’INDE ET DE LA CHINE CONNUES DE LONGUE DATE EN EUROPE. LA RENCONTRE AVEC LE BOUDDHISME N’A PAS PLUS DE DEUX SIÈCLES. À l’échelle de l’histoire universelle, elle commence à peine…
On objectera sans doute que les Grecs de l’armée d’Alexandre rencontraient déjà des brahmanes, et les générations suivantes de probables bouddhistes et que de nombreux textes de l’Antiquité parlent des sagesses de l’Inde (…)
Simplement ceci : est récente la connaissance érudite, fondée sur le déchiffrement des langues, la traduction des textes fondamentaux, la reconstitution de l’histoire des écoles et des filiations. (…)


Source : Daphnée Gravelat

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