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Bouddhisme engagé : s’engager pour la Paix

vendredi 9 mai 2008

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S’engager pour la paix

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Manifestation en Thaïlande
en faveur des birmans


Le « bouddhisme engagé » fait partie du renouveau spirituel caractérisant le bouddhisme en Asie du Sud-Est, et tout particulièrement en Thaïlande, depuis quelques décennies. Sont directement impliqués des moines de forêt, des nonnes, des responsables d’entreprises et diverses personnalités. Parmi ces dernières le plus connu est sans aucun doute Sulak Sivaraksa qui, toutes proportions gardées, peut être considéré comme le « Aung San Suu Kyi thaïlandais ».

Sulak Sivaraksa


Sulak est en effet le plus actif militant de ce pays, critique du régime en place et théoricien du « bouddhisme engagé » au sein de l’INEB (Réseau International des Bouddhistes Engagés) dont il est l’initiateur. Agé de soixante-sept ans il a, pendant trente-cinq ans, combiné une ouvre intellectuelle provocatrice avec un infatigable travail sur le terrain en Thaïlande. Il a mis en place des projets de développement rural, de nombreuses organisations non gouvernementales ayant pour objet d’explorer, en Thaïlande et dans le monde, des modèles de développement soutenables, enracinés dans la tradition, et fondés sur l’éthique et la culture spirituelle.

Régulièrement, Sulak a été persécuté par les diverses dictatures qui ont gouverné la Thaïlande à de nombreuses reprises depuis 1932. Il a connu l’exil, la prison, les procès, les intimidations, et toutes les difficultés inhérentes à une vie de contestation. Sulak a été nominé à deux reprises, en 1993 et en 1994, pour le Prix Nobel de la Paix. Il est venu en France à la fin de l’année 2000, dans le cadre d’un congrès sur le bouddhisme à L’UNESCO, pour exposer son action qui consiste essentiellement à inclure les principes bouddhiques de base, la compassion et la sagesse, dans les comportements économiques, éducatifs et politiques, dans un esprit de responsabilité globale. C’est ce qu’il nomme le développement de « ariya vinaya », la conduite noble (ou la conduite des esprits nobles).

Ariya Vinaya


« Dans la pensée et la pratique bouddhiques le concept d’ariya fait référence à la qualité devant guider le chemin vers l’Eveil et la vie noble. L’essence de vinaya réside dans la compréhension de la vérité éternelle au sujet du noble chemin. Par conséquent ariya vinaya est un processus dynamique de notre pensée et de notre action, et le mode de vie menant à la plus haute réalisation. C’est une révolution et un combat quotidien pour le changement à l’intérieur de nous-même. Les implications de ce changement sont pertinents à la fois pour l’individu et la société. Cette lutte ininterrompue implique de reconnaître nos traits négatifs telles que l’avidité, la haine et l’ignorance. En termes d’idéal, ariya vinaya est une approche holistique de la paix, du développement, et de la vie en société, fondée sur une conception bouddhique du monde (...)

Ariya vinaya est une vision bouddhique du monde qui est particulièrement pertinente en raison des problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. Les problèmes tels que la pauvreté, le sous-développement, la violence structurelle, les guerres, la transformation dans les relations entre l’homme et la nature, et les conséquences du modèle de développement adopté, ne peuvent pas être compris simplement en termes de politique gouvernementale. Il est urgent de reconnaître la crise spirituelle qui engloutit l’humanité. Par conséquent les réponses passeront nécessairement par des moyens spirituels. Il n’est pas obligatoire que vinaya soit statique. C’est également un processus continuel d’introspection qui doit provoquer de nouveaux aperçus et fournir de nouvelles interprétations à nos valeurs et traditions. Ceci permettra non seulement d’en préserver la continuité mais également d’assurer leur pertinence pour notre époque et les situations changeantes (...)

Dans une perspective bouddhique,
la signification de liberté est beaucoup plus large
que l’interprétation occidentale.


Il n’y a aucun doute que les valeurs de démocratie, liberté et égalité sont ancrées dans nos anciennes traditions. Dans une perspective bouddhique la signification de liberté est beaucoup plus large que l’interprétation occidentale. La notion bouddhique inclut le fait d’être libéré de l’avidité, de la haine et de l’ignorance. Mais de quelle façon pouvons-nous traduire la libération individuelle en termes de liberté collective au sein de nos sociétés ? C’est ici que je reconnais les obstacles humains au nom de la religion, de la culture et des systèmes sociaux. De ce contexte naissent la nécessité et la signification de la justice. Cette idée de justice est fondamentale et pertinente pour comprendre le sens de la liberté et de l’égalité dans une société. L’oligarchie aux Etats-Unis, la démocratie de l’élite en Occident, et l’Inde en tant que plus grande démocratie au monde, sont de pauvres reflets de notre idée de justice dans une démocratie politique. Le combat, par conséquent, ne peut être défini en termes de modernité contre tradition. Dans le combat pour réaliser la liberté, l’égalité et la justice nous rétablissons tout simplement la vérité et la base de vie qui fut déniée à l’humanité ordinaire. Il y a une forme de sacré dans notre reconnaissance de la vérité. La reconnaissance de la souffrance est le début de la connaissance. »

Conclusions


Sulak Sivaraksa vise dans toutes ses actions à impliquer largement tous les responsables religieux, au sujet desquels il est tout particulièrement critique. Lors d’une récente conférence aux Nations Unies il déclarait : « Les responsables religieux peuvent aisément être la proie de l’illusion et de l’arrogance. Fréquemment ces personnalités succombent à la séduction de l’Etat, de l’argent ou de la gloire, et ainsi ferment-ils les yeux sur les souffrances des pauvres et des personnes marginales. Ils affichent parfois un mode de vie luxueux et ostentatoire. Tout simplement, ils ne vivent pas ce qu’ils prêchent. Si nous devenons de bons compagnons pour de tels responsables religieux ils peuvent redécouvrir les vertus d’humilité et de simplicité et peuvent s’efforcer de réduire leur hypocrisie. Ils peuvent même acquérir un niveau élevé sur le plan éthique et religieux, refusant de faire des courbettes au pouvoir politico-économique. »

Divers groupes d’étude et d’action sont directement affiliés à l’INEB, International Network of Engaged Buddhists, ces groupes ayant pour but de replacer les valeurs bouddhiques au sein des activités de la société en impliquant directement les communautés laïques et monastiques, chacune dans leur rôle respectif. De nombreux autres organismes (associations interreligieuses, de développement, de chefs d’entreprises, etc. ) collaborent également à ses actions. Tout ceci contribuant à créer un véritable mouvement de régénération au sein du bouddhisme en Thaïlande qui, pour de nombreuses raisons (entre autres du fait de son statut de « religion d’Etat »), s’enlise lentement dans la sclérose.


Extrait d’un texte de Michel-Henri Dufour

www.buddhachannel.tv




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