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Birmanie - Le Royaume de Pagan - L’âge flamboyant du bouddhisme

jeudi 19 septembre 2013, par Buddhachannel Asia

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PAGAN, LA VILLE INCROYABLE


Sur 40 km2,
plus de 5 000 stupas et temples
Un millier encore visibles, mais en ruines


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photo David Atkinson


IMPRESSION DE VOYAGE

A l’infini, dans une lumière digne des grandes étendues sahariennes, les formes de stupas paisibles dépassent le temps, défient les siècles donnant cette étrange impression d’avoir suspendu les heures, les jours, les années dans cette lumière dorée du soleil levant.

Pagan est incomparable dans le monde bouddhiste, à l’exception d’Angkor.

Les temples sont aussi nombreux que les lotus dans une mare sans fin, à perte de vue, l’horizon se confondant avec le ciel. Pourtant, la majorité des édifices disparus nous laissent imaginer le souffle créateur et religieux qui anima les birmans d’alors. A l’instar de nos constructeurs de cathédrales, ils furent de grands batisseurs animés par une spiritualité hors du commun. On peut affirmer que la foi du peuple de Pagan unifia la Birmanie.


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Pagan - ville maintenant fantôme

PAGAN, POUR MOI, LE BOUDDHISME FLAMBOYANT


Au XIème siècle, alors que l’art roman fleurissait partout en Europe et que le gothique flamboyant n’apparaîtra que bien plus tard, Pagan s’offrit le luxe du bouddhisme flamboyant. Soyons clair. Ce terme n’a jamais été donné à pagan, il ne sagit en aucune manière d’une école et d’un style spécifique et répertorié, n’étant qu’une formule qui m’est personnelle et qui trotta dans mon imagination durant tout ce voyage. Déjà, en 1979, le pays était très contrôlé et j’eus la possibilité de découvrir Pagan qu’avec la présence d’un garde surveillant le moindre de mes gestes. Malgré cette contrainte, Pagan reste inscrit en moi comme un des grands lieux de cette planète. Dans la lummière du jour naissant ou du soir couchant, Pagan flamboie de tous ses feux

Ci-dessus, un texte que j’ai écrit en 1979 à Pagan


DU ROYAUME DE PAGAN AU PREMIER EMPIRE BIRMAN
DEPUIS LA FOI D’UN ROI


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Anawrahta et ses reliques

En 849, Pagan devient la capitale d’un royaume très structuré, mais isolé. Ce royaume va profiter d’un vide politique pour grandir jusqu’au règne d’Anawrahta (1044 - 1077).


Tout commence avec ce personnage d’exception qui se fait couronner roi en 1044. Très mystique avec un mental puissant, Anawrahta décide de faire un pélerinage sur l’île de Ceylan, pays du bouddhisme theravada. Rompant avec son éducation mahayaniste, il se convertit au theravāda.

Le personnage décisif dans cette conversion est un moine de Thaton, Shin Aran. Le royaume de Thaton s’apparentait à Suvarnabhumi appelé la "Terre de l’Or". Thaton, port important commerçait avec l’Inde et Ceylan. L’empereur Ashoka, le grand empereur indien et bouddhiste du IIIe siècle avant J.-C avait mentionné cette terre d’or et y avait envoyé ses moines bouddhistes.

Le moine Shin Aran participant à la convertion d’Anawrahta le pousse à l’étude. Le roi souhaite étudier les textes et les ramener dans son royaume. Aussi officiellement, demande-t-il au roi de la ville de Thaton de lui fournir les textes liturgiques en pâli . Le roi pour une raison inconnue refuse. Outré, Anawrahta s’empare avec son armée de la ville en 1057.

Anawrahta devient maître du bassin de l’Irrawaddy, le grand fleuve qui irrigue la Birmanie. Il rapporte dans ses bagages les textes en pali, de très nombreuses reliques. En plus des manuscrits, un grand nombre de lettrés, d’artistes et d’artisans des villes détruites s’installent à Pagan. Ces nouveaux venus vont donner à Pagan son envergure mystique. Un important programme de construction se met en place, symbole de cette nouvelle puissance et de cette spiritualité où tout un peuple se reconnait.


Comme Saint-Louis, Anawrahta pratique tous les jours et suit les préceptes du Bouddha. Dans sa soif de spiritualité, comme Louis IX partit en croisade et dépensa des fortunes pour ramener la couronne du Christ, Anawrahta combattra le Royaume de Nanzhao, dans le Yunnan actuellement en Chine pour ramener une dent du Bouddha, relique incomparable à ses yeux.

Pour offrir l’écrin qui convient à ses reliques, Louis IX fit construire la Sainte Chapelle à Paris. Anawrahta va entreprendre en 1059 une construction monumentale : la pagode du Shwezigon (achevée par son fils Kyanzittha avant 1113).

Consécration ultime de sa quête spirituelle, il parviendra à faire venir enfin un exemplaire intégral du Tipitaka : toutes ses opérations soutenues par les aspirations d’un roi ascétique fit de Pagan la plus grande ville du bouddhisme, centre culturel qui se renforcera encore jusqu’au XIIIème siècle.

Deux siècles d’apogée.


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Pagan - aujourd’hui


Alain Delaporte-Digard pour www.buddhachannel.tv

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Prions et agissons
pour les birmans




P.-S.


"QU’EST-CE QUE PAGAN ?

Une floraison de temples, de stupas, de pagodes de styles si divers qu’il est difficile d’abord de s’y reconnaître.

Fresques, peintures murales sur fond brun, ocre, blanc, aux fines silhouettes et dont les personnages, parfois barbus, ont des yeux de biche. Statues, innombrables statues du Bouddha, squelettique, dodu, tourmenté, souriant, jeûnant, grave. Plaques sculptées aux monstres grimaçants ou aux symboles difficiles, plaques vernissées, corniches, inscriptions sur pierre, sur tablette d’argile.

Cette soudaine éclosion artistique d’un peu plus de deux siècles englobe plusieurs styles d’architecture.

Le plus vieux style, le style "pyu", émerge çà et là, tels de gros épis de maïs couleur de rouille, plantés là sans raison, sans nom.
Quelques-uns sont recouverts d’un bel émail vert d’eau qui devait revêtir jadis sols et figurines. Mais une autre forme, voisine de la première, est plus commune : grand dôme en forme de cloche, surmonté d’une flèche et d’un "parapluie" en métal doré, le stupa dépasse largement les frontières de Pagan.

La Birmanie en est recouverte et les Birmans se plaisent à l’appeler leur "style national"".

D’érection facile, d’entretien aisé, ces stupas sont supposés abriter des reliques, minuscules statuettes de bronze, chapelles de métal, esprits en habit royal, de la taille d’une pièce de jeu d’échecs,
A Pagan, le plus célèbre de ces stupas est sans conteste la pagode de Shwezigon où l’on vient tout à la fois vénérer le Bouddha et les trente-sept statues des esprits que l’habile Anawrata aurait, dit-on, intégrés au culte bouddhiste. "

Ecrits par E. Guillon et C. Delachet.

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